Les comptages de larves pour réagir à temps
Chaque année, des saisonniers passent dans les vignes en juin pour réaliser sur certaines parcelles des comptages larvaires, après les traitements larvicides contre la cicadelle de la flavescence dorée. Ces comptages permettent de voir si les traitements larvicides ont été efficaces. Si ce n’est pas le cas, le viticulteur est prévenu afin qu’il réalise un autre traitement larvicide avant que la cicadelle ne puisse voler et répandre la flavescence dorée sur une plus grande zone.
En 2025, des comptages ont été réalisés chez 180 viticulteurs. Les zones ciblées changent tous les ans.
A partir de 3 larves de cicadelle observées sur 100 feuilles, le seuil de déclenchement d’un traitement larvicide est atteint. En 2025, le nombre de larves observé, en moyenne, est de 3 à 4 pour 100 feuilles. 69 % des parcelles suivies n’ont pas dépassé le seuil et ont donc évité un traitement de rattrapage demandé par la DRAAF.
En savoir plus sur la cicadelle de la flavescence dorée
Piégeage : après une baisse en 2023 et 2024, le nombre d’insectes en hausse
Le piégeage prend la suite du comptage larvaire. Des pièges avec des plaques de colle sont disposés sur les communes du GDON à 1+1* traitements insecticides obligatoires. Un relevé est réalisé toutes les semaines pendant 3 semaines et le nombre de cicadelles est compté. Si le seuil de déclenchement est atteint, le traitement adulticide est demandé sur les sections cadastrales dans un rayon de 500 mètres autour du piège.
Cette année, 8 saisonniers ont posé et assuré le suivi hebdomadaire des pièges à l’échelle de 291 communes. Au total :
- 1 596 exploitations viticoles ont été équipées de pièges, renforçant ainsi la vigilance collective sur le territoire,
- 2 241 pièges ont été relevés. En trois semaines les pièges ont capturé, en moyenne sur le territoire, 1,5 cicadelle par piège cette année contre 1,3 en moyenne depuis 2012. Cet indicateur suivi annuellement était en baisse depuis 2022 et commence à remonter. Nous devons tous être vigilants les prochaines années vis-à-vis de cette hausse et de l’expression des symptômes,
- 2 078 pièges (93% du réseau) n’ont pas dépassé le seuil et ont permis d’économiser un traitement adulticide sur au moins une partie de 280 communes sur les 291 suivies,
Voir les résultats par piège sur la carte ou par commune.
* En agriculture conventionnelle, 1 traitement larvicide (+1 adulticide si le seuil d’insectes est dépassé sur les pièges) ou 2 à 3 traitements larvicides en agriculture biologique.
Près de 2 millions d’euros d’économie de traitement
Grâce à la prospection complète du territoire entre 2011 et 2025, le GDON, en accord avec la DRAAF, a réduit les zones aménageables de « 2+1* traitements » à « 1+1* traitements » pour 13 communes en 2025. Ceci a généré une économie de 160 425 € et bénéficie à tous, quel que soit le mode de production. En agriculture biologique, le nombre de larvicides obligatoires dans lesdites communes à « 3 traitements » est ainsi passé à « 2 traitements ».
Le suivi du réseau de pièges par le GDON des Bordeaux a permis d’éviter des traitements insecticides sur un équivalent de 36 466 hectares dans 280 communes.
Avec un coût du traitement estimé à 49,50 € par hectare (produit + passage), à l’échelle collective, les viticulteurs ont économisé 1 805 069 € en 2025.
Globalement, pour chaque euro investi dans le GDON des Bordeaux, les viticulteurs ont économisé plus de quatre euros sur les traitements insecticides.
*Communes prospectées à plus de 50 %, pour lesquelles un traitement peut être évité si le nombre d’insectes piégés reste en dessous du seuil de déclenchement.
Prospection : une expression des symptômes en baisse depuis 2023
En 2025, le GDON a prospecté 5 325 hectares de vigne :
- 1 598 ha : suivi des parcelles à risque
- 915 ha : nouvelle prospection
- 2 812 ha : « prospection optimisée », le protocole de prospection de la DRAAF adopté nouvellement par le GDON des Bordeaux. Cette année, la stratégie de prospection du GDON a évolué en s’appuyant sur un constat régional privilégiant une vigilance « moins précise mais plus fréquente ». Ce nouveau protocole permet de prospecter des secteurs plus rapidement et de couvrir davantage de surfaces à moyens constants tout en restant vigilant sur la détection de foyers potentiels. L’objectif reste de diminuer les traitements en optimisant les moyens du GDON, un impératif dans le contexte de la crise actuelle
De la flavescence dorée a été détectée sur 15 % des parcelles prospectées en 2025.
Sur les 5 484 parcelles visitées, 9 913 ceps infectés ont été marqués avec en moyenne 1,9 ceps par hectare atteints par la flavescence dorée et 0,02 cep par hectare atteint par le bois noir.
Comment ont évolué les parcelles infectées en 2024 ?
En 2024, 1 045 parcelles prospectées étaient infectées par la flavescence dorée.
Parmi ces parcelles :
- 642 étaient toujours infectées par la flavescence dorée en 2025
- 282 n’étaient plus contaminées par la flavescence dorée
- 22 n’ont pas pu être prospectées (inaccessibles, jeunes vignes, friches…)
- 99 ont été arrachées
Parmi les 642 parcelles infectées en 2024 et toujours infectées en 2025, nous relevons :
- 229 parcelles où le nombre de ceps infectés augmente
- 97 où le nombre de ceps reste stable
- 316 où le nombre de ceps diminue
Face aux enjeux de la crise viticole, l’engagement collectif des vignerons aux côtés du GDON s’avère déterminant. C’est grâce à cet effort coordonné que malgré la persistance de la maladie, le nombre de ceps infectés diminue ces dernières années, en particulier en 2025. Nous devons toutes et tous restez soudés et vigilants.
Près de 1 000 vignes abandonnées recensées
Depuis 2012, le GDON centralise les signalements et recense les vignes non cultivées pendant le suivi de l’insecte et la prospection des symptômes de jaunisses. En 2025, 491 vignes abandonnées (383 hectares) ont été signalées par les saisonniers. Cette année, nous avons renforcé le recensement des en partenariat avec les acteurs locaux. Des techniciens dédiés ainsi que l’implication des ODG et des mairies ont permis de détecter plus de vignes abandonnées sur deux territoires pilotes. Leur mission a consisté à identifier, à partir de photos aériennes, des vignes potentiellement abandonnées, et à réaliser des vérifications sur le terrain afin de confirmer leur état. Ils ont également vérifié les signalements transmis par les ODG et les mairies.
991 vignes abandonnées (655 hectares) ont été ainsi recensées :
- 683 vignes abandonnées depuis deux ans et plus,
- 308 vignes abandonnées cette année.
Une ligne de signalement a aussi permis de recueillir 31 sms avec la géolocalisation de vignes abandonnées.
Lisez aussi l’actualité spécifique sur les vignes non cultivées.











